II L’épopée

    Chapitre 1    
De la naisssance à la déclaration de la guerre de 14
2008-10-26 / 2010-03-20


Figure 1.1 -

Celle qui plus tard sera la seule femme médecin militaire à participer au Service de santé en 14-18 et présente à Verdun, est née à Paris en 1878, le 11 octobre, Boulevard de Strasbourg.
Maurice Mangin, son frère, retiré à Vèry, en Meuse, évoque le passé de sa famille et détaille celui de sa soeur. La famille Mangin est argonnaise. Maurice Mangin signale descendre d’un groupe d’Argonnais ayant guerroyé en Italie puis venu s’établir établir dans la vallée de la Biesme. Ils ont initialement été de ces pionniers de la faïence bien connus dans la région. À la suite, ses ancêtres se déplacent à Very, une commune de Meuse, village où les grands-parents de Nicole s’établissent comme cultivateurs et vignerons. Quittant la culture, le grand-père de Nicole devient instituteur et exerce à Landres (08) où il épouse Mlle Florence Dautruche puis à Vauquois quand survient le désastre de 1870.
Les Wurtembergeois occupent alors l’école. Ils sont victimes de l’épidémie de typhus. Les malades remplissent l’école et la mairie du village, transformés en hôpital. Celui qui sera le grand père de Nicole, instituteur au caractère bien marqué, contracte aussi la maladie et en meurt, relativement jeune.
Le père de Nicole est d’abord instituteur à Suippes, mais quitte l’enseignement suite à un «  dissentiment  » avec l’inspecteur d’Académie. Il s’établit à Paris, à Charenton, et y monte un négoce de vente de champagne. Il aura quatre enfants, Nicole et ses trois frères, Maurice, Émile et Marcel. Nicole y fait sa scolarité primaire et primaire supérieure. Puis ses études secondaires à Paris, au lycée Fénelon où elle acquiert le Certificat d’études primaires supérieur, parchemin pouvant être considéré comme le baccalauréat. Elle veut se diriger vers la médecine, mais l’équivalence de son diplôme d’études supérieures, le Certificat en question, n’est pas admise. Elle passe au préalable le PCN et la licence de sciences naturelles la même année et entame ses études de médecine en 1896.
En 1899, elle est admise à l’externat des Hôpitaux de Paris, avec quatre autres étudiantes seulement. La même année, faisant un mariage «  d’inclination  », elle devient Madame André Girard-Mangin, abandonnant provisoirement ses études. Elle a un fils, Etienne. La famille Girard est originaire de la région de Saumur. C’est là où Nicole vécut ses années de vie commune dans une somptueuse propriété du vignoble saumurois, existence ne correspondant en rien à ses aspirations.
La mort de son beau-père met le couple à la tête d’une des plus grosses affaires de Champagne et de mousseux à Saumur et Épernay. Elle va mener quatre années d’une existence luxueuse, consacrée aux voyages d’affaires et aux relations avec la clientèle, relations qui lui imposent de voyager à travers l’Europe, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne.
En 1903, elle se sépare d’avec son mari et obtient le divorce à son profit. Avec la pension alimentaire qui lui est versée, elle s’installe à Paris et reprend ses études.
Elle poursuit ses recherches initiales en Sorbonne et à l’Institut Pasteur avec l’équipe du docteur Roux sur le cancer et la tuberculose. Elle passe sa thèse en 1909. Un travail remarqué, intitulé  :  les poisons cancéreux. Elle le dédie en premier à son maître et ami, le professeur Henri Roger, du laboratoire de pathologie expérimentale et comparée, puis à ses maîtres respectifs de la faculté des sciences et à ceux de la faculté de médecine.

Figure 1.2 -

En introduction, elle rappelle son attrait pour la recherche sur le cancer, ses premiers travaux au laboratoire de physiologie de la Sorbonne, puis ceux au laboratoire de pathologie expérimentale. Elle remercie tous ceux qui lui ont donné le matériel expérimental d’histologie et ceux qui lui ont procuré les tumeurs d’origine animale.
En conclusion, elle donne quelques principes qui lui semblent résulter des essais expérimentaux pratiqués, l’absence de substance toxique dans les tumeurs bénignes, leur présence dans les tumeurs malignes, la nature de ces poisons, en essayant de fixer quelques uns de leurs caractères chimiques.
Un exemplaire de cette thèse a été dédié à son frère, Maurice et on peut y lire cette mention émouvante  :«  En souvenir de tout notre passé fraternel et en espérance d’une longue affection. Dr Nicole Girard-Mangin, le 12 octobre 1909  ».
La thèse déposée, elle continue ses recherches, ne se livre pas à la médecine de clientèle, prise par la médecine hospitalière. Par contre, elle entreprend une véritable croisade sociale. Avec des fonds qu’elle sait acquérir par ses relations, elle mène à bien plusieurs projets  : le sanatorium de Bligny, les logements ouvriers du Boulevard Bessières, la maison des Étudiantes, l’École des infirmières de la rue Amiot.
En 1910, elle représente la France au Congrès international de Vienne.
En 1914, elle prend la direction du Dispensaire anti-tuberculeux du Professeur Robin à Baujon.
C’est dans l’exercice de cette fonction que la guerre de 1914 va la surprendre.

Figure 1.3 -




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